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La Folie de Forest : Pourquoi le licenciement d'Ange Postecoglou était toujours une erreur

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📅 25 mars 2026✍️ Elena Kowalski⏱️ 4 min de lecture
Par Elena Kowalski · Publié le 2026-03-25 · Ange Postecoglou détaille son départ de City Ground après un licenciement "brutal" de Nottingham Forest

Ange Postecoglou ne mâche pas ses mots. Il ne l'a jamais fait. Alors, quand il décrit son licenciement de Nottingham Forest comme "brutal", vous savez que ça l'a profondément touché. Dix-huit minutes. C'est tout le temps qu'il a eu après le coup de sifflet final d'une défaite 2-1 contre Hull City en février 2014. Dix-huit minutes pour digérer une défaite avant qu'on lui dise que ses services n'étaient plus requis.

Écoutez, Forest était 11e du Championship à l'époque. Ils venaient de perdre contre une équipe de Hull qui visait la promotion. Postecoglou n'avait été en charge que de 14 matchs de championnat, en gagnant cinq, en faisant quatre nuls et en perdant cinq. Un taux de victoire de 35,7% n'est pas extraordinaire, mais ce n'est pas catastrophique pour un entraîneur qui hérite d'une équipe de milieu de tableau. Forest venait de remporter une victoire 1-0 contre Brighton la semaine précédente. Ils n'étaient pas en chute libre.

Le coup de hache à courte vue

Voici le problème : Forest, sous l'ancien propriétaire Fawaz Al-Hasawi, était réputé pour son instabilité managériale. Postecoglou était le cinquième entraîneur en un peu plus de deux ans. Billy Davies avait été limogé en 2011, Steve McClaren n'avait duré que 112 jours, et Sean O'Driscoll était parti après 27 matchs. C'était une porte tournante, et Postecoglou s'est avéré être le prochain à passer. Son prédécesseur, Alex McLeish, avait duré 41 jours. Quarante et un jours ! C'est à se demander si quelqu'un a même pris la peine de déballer son bureau.

Le conseil d'administration de Forest s'attendait à des miracles instantanés. Ils avaient vu son succès en Australie, remportant l'A-League avec Brisbane Roar en 2011 et 2012, et pensaient que cela se traduirait immédiatement. Mais le Championship est une bête différente. Il exige du temps, de la patience et une vision à long terme cohérente. Forest n'a rien fourni de tout cela. Ils couraient après des ombres, espérant qu'un nouveau visage réparerait comme par magie des années de mauvaise gestion.

Ce que Forest a manqué

Postecoglou a ensuite remporté l'A-League avec Melbourne Victory en 2015, puis a emmené l'équipe nationale australienne à la Coupe du Monde 2014 et a remporté la Coupe d'Asie en 2015. Il a ensuite rejoint Yokohama F. Marinos, remportant la J1 League en 2019. Son palmarès parle de lui-même. C'est un gagnant, un bâtisseur. Il met en œuvre un style distinct, offensif, qui demande de l'adhésion et du temps sur le terrain d'entraînement. Forest ne lui a donné ni l'un ni l'autre.

Ils voulaient une solution rapide, un coup de fouet. Au lieu de cela, ils ont eu un entraîneur qui avait besoin de poser des fondations. Et ils ont arraché ces fondations après trois mois. Imaginez si le Celtic ne lui avait pas donné la saison 2021-22 pour mettre en œuvre son système. Ils n'auraient pas remporté le doublé cette année-là, ni le triplé l'année suivante. Tottenham ne serait pas là où ils sont actuellement en Premier League.

Le long chemin vers la rédemption

L'impatience de Forest leur a coûté cher. Ils ont jonglé entre des entraîneurs comme Philippe Montanier, Mark Warburton et Aitor Karanka pendant des années, finissant par tomber en League One avant de remonter. Il a fallu attendre 2022, huit ans après le licenciement de Postecoglou, pour qu'ils retrouvent la Premier League sous Steve Cooper. C'est huit ans de lutte, en grande partie auto-infligée par un cycle constant d'embauches et de licenciements.

Mon avis tranché ? La décision de Forest de licencier Postecoglou après 18 minutes n'a pas seulement été brutale pour lui ; ce fut un moment décisif d'auto-sabotage qui a fait reculer le club d'une décennie entière. Ils ont viré un futur entraîneur de Premier League pour un manque perçu d'impact immédiat, s'accrochant à une vision à court terme qui a finalement prolongé leur misère.

Tottenham terminera dans les quatre premiers cette saison, et Postecoglou sera en lice pour le titre d'entraîneur de l'année.